¡ M. A. R. R. E. !

Mobilisés pour une Autre Réforme de la Recherche et de l'Enseignement

Villeurbanne, le 4 février 2009

  • Le Congrès réunissant le 3 février 2009 les conseillers du CA, du CS et du CEVU a pris connaissance de la motion présentée par un collectif d’élus des trois conseils et a écouté les rapports de
    présentation établis soit par les VP en charge de ces dossiers soit par
    des élus mandatés par le collectif. Une discussion ouverte et très
    large a permis d’arriver à un consensus. La motion initiale a été
    amendée au cours du congrès .Elle a été votée d’abord article par
    article puis dans son ensemble, à la fin du congrès.

    Vote final : 54 voix pour, 36 voix contre, 3 refus de vote et 2
    bulletins blancs

    • Texte de la motion


      « Le congrès de l'Université Lyon 1 réuni le 3 février 2009 à la
      demande des personnels constate qu'une crise majeure s’est installée au
      sein de la communauté universitaire, relayée par toutes les catégories
      de personnels et une partie des étudiants. Issue d'un malaise latent,
      cette crise a été déclenchée par une série de réformes précipitées et
      non concertées du gouvernement, ressenties comme autant de provocations
      par une grande partie de la communauté universitaire, et largement
      inadaptées à un exercice de qualité de nos missions d'enseignement et
      de recherche. En outre, ces réformes font suite à une stagnation des
      moyens et un déficit récurrent en postes depuis plusieurs années, ainsi
      qu'à une dégradation des salaires et des conditions de travail en
      particulier chez les personnels BIATOS.

      Le congrès estime que des réformes concertées, progressives et
      financées doivent être envisagées dans l'intérêt du service public de
      l'enseignement supérieur et de la recherche, mais que les conditions
      nécessaires au dialogue et à la confiance ne sont pas réunies. C'est
      pourquoi il lance un appel solennel au gouvernement pour suspendre
      toutes les réformes en cours, et pour ouvrir un véritable débat
      national impliquant la communauté universitaire dans son ensemble.

      • Concernant le nouveau mode de calcul de la dotation aux universités, le congrès regrette la part considérable soumise à des
        critères de performance discutables, qui auront une influence sur des
        centaines de postes de notre masse salariale. Il regrette que tous les
        emplois supplémentaires soient issus d'un déshabillage d'autres
        universités françaises. Il souligne également l'absence d'un transfert
        de moyens liés aux compétences élargies de notre université pour
        assurer ses nouvelles charges. Le congrès dénonce l'augmentation du
        budget de la recherche sous la forme de crédits d'impôt-recherche qui
        ne sont sous le contrôle ni du gouvernement ni des universités et
        souhaite que soit procédé à une évaluation nationale de ce dispositif.
        Il demande le rétablissement des 923 postes supprimés dans les
        universités et organismes de recherche ainsi que l'arrêt des
        suppressions de postes programmées pour les années à venir. Par
        ailleurs, le congrès demande à maintenir localement les moyens actuels
        des IUT.
      • Concernant la modification des statuts des enseignants-chercheurs, le congrès se prononce pour le retrait sans condition du projet de décret, qui supprime tout cadre national et
        indépendant dans la gestion des services et des carrières. Dans
        l'optique d'une adaptation de leurs statuts aux nouvelles missions des
        enseignants-chercheurs, le congrès appelle à la mise en oeuvre d'une
        large concertation nationale. Dans tous les cas, le congrès s’engage
        localement à ne prendre aucune décision qui conduirait à un dépassement
        de la charge d'enseignement statutaire, sauf en cas de demande de
        l’intéressé.
      • Concernant la réforme de la formation des maîtres, le congrès s'oppose à la suppression de l'année de formation en alternance
        et rémunérée des enseignants reçus au concours, tout en se prononçant
        favorablement pour la reconnaissance de la qualification des
        enseignants du primaire et du secondaire par un diplôme de master. Dans
        l'état actuel des choses, le congrès demande le retrait de la réforme
        en cours de la formation des maîtres, refuse de transmettre au
        ministère les maquettes des nouveaux masters exigées dans la
        précipitation, et appelle à la mise en oeuvre d'une large concertation
        nationale sur la formation des maîtres.
      • Concernant le projet de décret instituant un "contrat doctoral" unique, le congrès rappelle son attachement à une
        amélioration du statut des doctorants, à une résorption de la précarité
        dans ce domaine, ainsi qu'à la nécessité de sécurisation, de
        reconnaissance, de formation et d'insertion du doctorant. Mais il
        constate que la formule proposée accentue, au contraire, cette
        précarité, en particulier par une régression en regard du statut de
        contractuel de l'état (décret du 17 janvier 1986). Les droits des
        doctorants lors de la négociation du contrat ne sont pas garantis. Ce
        projet ne prend pas en compte la grande diversité des disciplines ni
        leurs spécificités. Le congrès remarque que les conditions d'exercice
        d'activités dans l'entreprise sont mal définies, et s'inquiète de
        l'ampleur de cette charge pour les doctorants. Il regrette que
        l'obligation de formation soit absente du projet, ainsi que toute
        référence au CIES et à l'école doctorale. En conséquence, le congrès se
        prononce pour le retrait de ce projet de décret instituant un contrat
        doctoral.
      • Concernant les conditions de travail des personnels BIATOS, le congrès rappelle que l'ensemble des personnels des différentes
        catégories concourt au bon fonctionnement de l'université et mérite une
        considération égale. Le congrès s'élève contre le niveau de salaire
        scandaleusement bas de nombreuses catégories, et demande une
        revalorisation nationale de ces rémunérations, sous la forme d'une
        hausse du point d'indice et non par le truchement de primes au mérite
        ainsi qu'une augmentation du taux de promotion. Il demande un plan
        massif de titularisation des personnels contractuels sur les emplois
        correspondant à un besoin permanent. Localement, le congrès exige de la
        présidence, du secrétariat général et de la direction du personnel
        qu'une attention particulière soit portée à la gestion des personnels
        contractuels, aux conditions de renouvellement et à l'information sur
        les contrats. Il demande que des solutions soient trouvées pour
        généraliser les contrats de 12 mois à temps plein sans interruption,
        offrir une progression de carrière des personnels contractuels ainsi
        qu'un accès à des primes équivalentes à celles des personnels
        titulaires.
      • Le congrès s'inquiète des déclarations récentes du chef de
        l'Etat concernant la transformation des organismes de recherche en
        agences de moyens. Il observe que ces déclarations s'accompagnent de
        suppressions de postes de chercheurs et d'ITA titulaires, au profit de
        moyens accordés sur une courte période à certains maîtres de
        conférences. Il redoute que ce mécanisme instaure une inégalité
        injustifiée entre les enseignants-chercheurs, et constate qu'elles
        induisent à la fois la diminution du potentiel local d'enseignement et
        du potentiel global de recherche. Le congrès demande la préservation
        des organismes publics comme opérateurs de la recherche, en
        reconnaissant leurs rôles de garants d'une cohérence nationale et d'une
        indépendance aux variations des politiques. Le congrès rejoint le CS et
        le CEVU dans leur refus de chaires université-organisme, et demande à
        son président de respecter ce choix.
      Pour toutes ces raisons, le congrès soutient les personnels et
      étudiants de Lyon 1 dans leur participation au mouvement national de
      résistance qui s'installe aujourd'hui dans toutes les universités et
      organismes de recherche. En souhaitant que ces actions nuisent le moins
      possible à l'exercice des missions, le congrès précise que les
      conséquences du mouvement devront être assumées par le gouvernement
      s'il s'obstine dans la direction qu'il a choisie ».

    • Détails du vote des motions


      « Le congrès de l'Université Lyon 1 réuni le 3 février 2009 à la
      demande des personnels constate qu'une crise majeure s’est installée au
      sein de la communauté universitaire, relayée par toutes les catégories
      de personnels et une partie des étudiants. Issue d'un malaise latent,
      cette crise a été déclenchée par une série de réformes précipitées et
      non concertées du gouvernement, ressenties comme autant de provocations
      par une grande partie de la communauté universitaire, et largement
      inadaptées à un exercice de qualité de nos missions d'enseignement et
      de recherche. En outre, ces réformes font suite à une stagnation des
      moyens et un déficit récurrent en postes depuis plusieurs années, ainsi
      qu'à une dégradation des salaires et des conditions de travail en
      particulier chez les personnels BIATOS.

      Le congrès estime que
      des réformes concertées, progressives et financées doivent être
      envisagées dans l'intérêt du service public de l'enseignement supérieur
      et de la recherche, mais que les conditions nécessaires au dialogue et
      à la confiance ne sont pas réunies. C'est pourquoi il lance un appel
      solennel au gouvernement pour suspendre toutes les réformes en cours,
      et pour ouvrir un véritable débat national impliquant la communauté
      universitaire dans son ensemble.

      Vote
      : 67 voix pour, 13 voix contre, 3 bulletins blancs


      Concernant le nouveau mode de calcul de la dotation aux universités, le congrès regrette la part considérable soumise à des critères de
      performance discutables, qui auront une influence sur des centaines de
      postes de notre masse salariale. Il regrette que tous les emplois
      supplémentaires soient issus d'un déshabillage d'autres universités
      françaises. Il souligne également l'absence d'un transfert de moyens
      liés aux compétences élargies de notre université pour assurer ses
      nouvelles charges. Le congrès dénonce l'augmentation du budget de la
      recherche sous la forme de crédits d'impôt-recherche qui ne sont sous
      le contrôle ni du gouvernement ni des universités et souhaite que soit
      procédé à une évaluation nationale de ce dispositif. Il demande le
      rétablissement des 923 postes supprimés dans les universités et
      organismes de recherche ainsi que l'arrêt des suppressions de postes
      programmées pour les années à venir. Par ailleurs, le congrès demande à
      maintenir localement les moyens actuels des IUT.

      Vote
      : 84 voix pour, 6 voix contre, 8 bulletins blancs


      Concernant la modification des statuts des enseignants-chercheurs, le
      congrès se prononce pour le retrait sans condition du projet de décret,
      qui supprime tout cadre national et indépendant dans la gestion des
      services et des carrières. Dans l'optique d'une adaptation de leurs
      statuts aux nouvelles missions des enseignants-chercheurs, le congrès
      appelle à la mise en oeuvre d'une large concertation nationale. Dans
      tous les cas, le congrès s’engage localement à ne prendre aucune
      décision qui conduirait à un dépassement de la charge d'enseignement
      statutaire, sauf en cas de demande de l’intéressé.

      Ce paragraphe a été mis au vote avec en parallèle le texte de
      la motion déposée par les étudiants Inter-Asso, qui figure ci-dessous :

      « Le congrès
      regrette
      que la modification des statuts des EC donne encore davantage de poids
      à la recherche, au détriment de la pédagogie et de l'enseignement. Le
      congrès souhaite que la pédagogie soit prise en compte pour le
      recrutement et la promotion des EC. Cela permettrait une vraie
      reconnaissance de la pédagogie grâce à une évaluation basée sur ces
      critères. La modulation des enseignements ne pourra être applicable
      qu'à cette condition.

      Dans l'optique d'une
      adaptation, de leurs statuts aux nouvelles missions des EC, le congrès
      appelle à la mise en oeuvre d'une large concertation nationale. Dans
      tous les cas, le congrès s'engage localement à ne prendre aucune
      décision qui conduirait à un dépassement de la charge d'enseignement
      statutaire. »

      Résultats du Vote :

      • Texte motion des élus : 58 voix pour (Texte adopté)
      • Texte motion des élus étudiants (Inter-Asso): 37 voix pour
        et 2 voix contre, 3 bulletins blancs
      Concernant la réforme de la formation des maîtres, le congrès s'oppose
      à la suppression de l'année de formation en alternance et rémunérée des
      enseignants reçus au concours, tout en se prononçant favorablement pour
      la reconnaissance de la qualification des enseignants du primaire et du
      secondaire par un diplôme de master. Dans l'état actuel des choses, le
      congrès demande le retrait de la réforme en cours de la formation des
      maîtres, refuse de transmettre au ministère les maquettes des nouveaux
      masters exigées dans la précipitation, et appelle à la mise en oeuvre
      d'une large concertation nationale sur la formation des maîtres.

      Vote
      : 61 voix pour, 36 voix contre, 6 bulletins blancs _ Texte retenu

      A la suite du vote de ce paragraphe, a également été soumis au vote le texte de la motion déposée par les étudiants Inter-Asso, qui
      figure ci-dessous :

      « Concernant la
      modification de la formation des enseignants du primaire et du
      secondaire, le congrès demande que les étudiants en deuxième année de
      Master conservent un stage en responsabilité. Le congrès se prononce
      favorablement pour la reconnaissance de la qualification des
      enseignants du primaire et du secondaire par un diplôme de Master. Dans
      l'état actuel des choses, le congrès demande de repousser la réforme en
      cours. Le congrès souhaite que les conseils centraux, conformément à
      leurs prérogatives, attachent une attention toute particulière à
      chacune des maquettes de masters proposées et se réservent le droit de
      juger si, au regard de leur contenu, ces dernières ne sont pas abouties
      et cohérentes. »


      Vote
      : 44 voix pour, 41voix contre, 11 bulletins blancs _ Texte non retenu


      Concernant le projet de décret instituant un "contrat doctoral" unique,
      le congrès rappelle son attachement à une amélioration du statut des
      doctorants, à une résorption de la précarité dans ce domaine, ainsi
      qu'à la nécessité de sécurisation, de reconnaissance, de formation et
      d'insertion du doctorant. Mais il constate que la formule proposée
      accentue, au contraire, cette précarité, en particulier par une
      régression en regard du statut de contractuel de l'état (décret du 17
      janvier 1986). Les droits des doctorants lors de la négociation du
      contrat ne sont pas garantis. Ce projet ne prend pas en compte la
      grande diversité des disciplines ni leurs spécificités. Le congrès
      remarque que les conditions d'exercice d'activités dans l'entreprise
      sont mal définies, et s'inquiète de l'ampleur de cette charge pour les
      doctorants. Il regrette que l'obligation de formation soit absente du
      projet, ainsi que toute référence au CIES et à l'école doctorale. En
      conséquence, le congrès se prononce pour le retrait de ce projet de
      décret instituant un contrat doctoral.

      Vote
      : 62 voix pour, 22 voix contre, 10 bulletins blancs


      Concernant les conditions de travail des personnels BIATOS, le congrès
      rappelle que l'ensemble des personnels des différentes catégories
      concourt au bon fonctionnement de l'université et mérite une
      considération égale. Le congrès s'élève contre le niveau de salaire
      scandaleusement bas de nombreuses catégories, et demande une
      revalorisation nationale de ces rémunérations, sous la forme d'une
      hausse du point d'indice et non par le truchement de primes au mérite
      ainsi qu'une augmentation du taux de promotion. Il demande un plan
      massif de titularisation des personnels contractuels sur les emplois
      correspondant à un besoin permanent. Localement, le congrès exige de la
      présidence, du secrétariat général et de la direction du personnel
      qu'une attention particulière soit portée à la gestion des personnels
      contractuels, aux conditions de renouvellement et à l'information sur
      les contrats. Il demande que des solutions soient trouvées pour
      généraliser les contrats de 12 mois à temps plein sans interruption,
      offrir une progression de carrière des personnels contractuels ainsi
      qu'un accès à des primes équivalentes à celles des personnels
      titulaires.

      Vote
      : 96 voix pour, 1 bulletin blanc


      Le congrès s'inquiète des déclarations récentes du chef de l'Etat
      concernant la transformation des organismes de recherche en agences de
      moyens. Il observe que ces déclarations s'accompagnent de suppressions
      de postes de chercheurs et d'ITA titulaires, au profit de moyens
      accordés sur une courte période à certains maîtres de conférences. Il
      redoute que ce mécanisme instaure une inégalité injustifiée entre les
      enseignants-chercheurs, et constate qu'elles induisent à la fois la
      diminution du potentiel local d'enseignement et du potentiel global de
      recherche. Le congrès demande la préservation des organismes publics
      comme opérateurs de la recherche, en reconnaissant leurs rôles de
      garants d'une cohérence nationale et d'une indépendance aux variations
      des politiques. Le congrès rejoint le CS et le CEVU dans leur refus de
      chaires université-organisme, et demande à son président de respecter
      ce choix.

      Vote
      : 60 voix pour, 20 voix contre, 13 bulletins blancs, 3 abstentions


      Pour toutes ces raisons, le congrès soutient les personnels et
      étudiants de Lyon 1 dans leur participation au mouvement national de
      résistance qui s'installe aujourd'hui dans toutes les universités et
      organismes de recherche. En souhaitant que ces actions nuisent le moins
      possible à l'exercice des missions, le congrès précise que les
      conséquences du mouvement devront être assumées par le gouvernement
      s'il s'obstine dans la direction qu'il a choisie ».

      Vote
      : 44 voix oui, 42 voix contre, 5 bulletins blancs.


  • Le Congrès réunissant le 3 février 2009 les conseillers du CA, du CS et du CEVU a également pris connaissance des deux motions présentées par les élus Inter-Asso et s’est prononcé sur elles. Ces
    motions qui concernaient la modification du statut des
    enseignants-chercheurs d’une part et la réforme de la formation des
    maitres d’autre part, n’ont pas recueilli la majorité des votes du
    congrès. (Une phrase a cependant été prélevée dans la première et a été
    ajoutée à la motion majoritaire).

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